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Archive pour novembre 2007

L’Enclos à moutons, le vrai.

Jeudi 29 novembre 2007

L’enclos à moutons, le vrai.

Il nous est arrivé ici après le Beaujoulais nouveau, tout droit de Paris. Nous avions déjà une version Chinoise en caractères traditionnels : 從羊圈小村到地球村,un numéro spécial de Renlai, sorti en janvier 2005. Il y aura bientôt une édition en caractères simplifiés. Maintenant publié aux Indes Savantes, voici L’Enclos à moutons, un village nuosu au sud-ouest de la Chine, 240 pages, par Benoît Vermander. La moindre des choses était de signaler cette publication dans un blog qui en partage le titre ! Mieux que « tout ce que vous voulez savoir sur Yangjuan sans oser le demander », le livre rapporte les voix des villageois nuosu, que l’on appelait jadis les « Lolos noirs ». Voix de paysans d’une minorité ethnique dans un « enclos » qui se transforme et s’ouvre aux espaces de la Chine et d’au-delà de ses frontières.

Vous voulez vous faire un cadeau ?

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Souvenirs des Montagnes Fraîches 2

Jeudi 15 novembre 2007

La coupe de cheveux
Nous avons tous nos habitudes. Je change rarement de coiffeur. Chaque été quand je me dirige vers l’enclos à moutons je profite de la journée ou de la demi journée d’attente à Chengdu pour rendre visite à cet artisan. Ces trois dernières années j’ai fréquenté un salon à deux pas de chez l’ami qui m’héberge. Trois fois, c’est déjà une habitude. Bonjour ! Ah ça fait longtemps, un an déjà ! Le gamin traverse la pièce, oh il a grandi celui-là. En quelle classe es-tu ? En Chine on demande rarement l’âge d’un enfant. La question qui vient à la place c’est « en quelle année, en quelle classe es-tu ? ». Les redoublants n’ont pas l’impression de vieillir, mais à cet âge, me direz-vous, on ne fait que grandir.

Le prix d’une coupe de cheveux à Chengdu c’est comme celui des alumettes. Ça ne change pas. Il est vrai qu’à mon âge, chaque année je donne moins de travail à l’artisan. Pour quatre ou cinq piastres, pardon, yuan, j’ai droit à une coupe , un shampoing qui se termine avec un massage de la nuque et de l’occiput et enfin pour le client habituel que je suis devenu la taille de la barbe est comprise dans le prix. J’en ressors tout rafraîchi. Cinq yuan ça fait moins d’un demi euro. Ça fait rêver ?

la coupe de cheveux 1

Je ne suis pas coiffeur mais l’occasion peut faire le larron. Ce n’était pas pour gagner un demi euro que j’ai manié les ciseaux. Cet été là, après un examen approfondi, les deux infirmières venues faire une enquête sanitaire dans l’école, décrétèrent que le meilleur moyen de venir à bout de la colonie de lentes et de poux de ce petit garçon, c’était encore de me le confier. C’est ainsi que je devins le « barbier de Yangjuan ». Et lui, comme un agneau, il n‘ouvrait pas la bouche !

la coupe de cheveux 2

En août dernier, avant de redescendre des Montagnes Fraîches et de quitter l’enclos à moutons je montre à Bertrand le travail que nous avons fait l’été 2005: adduction d’eau jusqu’aux maisons du quartier « Bianshui » de Yangjuan. A côté du réservoir, je tombe sur mon ancienne victime, nous faisons un brin de causette, je lui demande s’il se souvient que je lui ai fait jadis une tête de bonze, bien sûr! Depuis trois ou quatre ans il a grandi ce petit et je lui demande, maintenant, en quelle classe es-tu ?

grandi